Bivouac, lever de soleil et grande envolée
Nous avons dormi la veille au parking au-dessus de Saint-Hilaire.
Petite mise en garde pour ceux qui voudraient faire de même : un individu particulièrement peu aimable s’est installé sur le parking du haut avec un gros camion de bivouac et semble prendre un malin plaisir à gâcher la tranquillité des gens venus profiter de la montagne, musique à fond et insultes à l’appui. Bref… passons.
L’approche est classique : depuis le parking jusqu’à la cabane du berger, puis montée directe jusqu’au départ de la voie.
À 7h30, il arrive au pied du mur, accueilli par un magnifique lever de soleil sur les Alpes.
Sur les conseils d’un collègue de mon DEMN, nous choisissons d’emprunter la première longueur de la directe de la grotte afin de rejoindre directement la vire du R1, évitant ainsi un crochet inutile et trop de manipulations de corde.
La voie, longueur par longueur
L1 – 6a+
Germai s’élance dans une dalle sous une grosse écaille/fissure en arc de cercle. Un piton dans la dalle permet de rejoindre la fissure, qui se protège parfaitement. L’itinéraire poursuit en ascendance à droite vers une seconde fissure, légèrement plus délicate, avant de sortir sur du terrain plus facile jusqu’à la vire.
⚠️ Il est important de ne pas faire relais sur le spit : il faut aller chercher le relais plus à droite, au départ de la dalle en 6a. Relais confortable sur pitons.
L2 – 6a
Je pars dans une courte dalle en bon rocher, pas évidente à négocier. Elle traverse ensuite en ascendance à droite jusqu’au départ du 7a, immanquable sous le toit. Relais confortable sur trois pitons.
L3 – 7a
Germain tente un enchaînement tout en force, sans succès : les biceps sont clairement restés au bivouac. Une fois sorti du bombé, le dièdre final est superbe, bien protégeable, et mène à un relais situé juste sous une baume marquée formant un joli surplomb.
L4 – 6c
Je m’engage vers la droite, sur le pilier de la baume. Un piton protège le bas, puis l’équipement devient plus rassurant. L’escalade est physique avant de se rétablir dans une magnifique dalle grise, technique et fine sur la fin. Très belle longueur. Relais commun avec la voie de la grotte, sur pitons.
L5 – 5b
Le départ est facile mais délicat, avec 5 à 10 mètres improtégeables sur un rocher moyen, demandant de la vigilance. Ils dépassent le relais de la grotte qui bifurque, puis poursuivent sur une longue traversée jusqu’au pied d’un dièdre fissuré évident. Relais cinq étoiles : un piton récent complété par une belle lunule.
L6 – 5b
Un dièdre exceptionnel, entièrement protégeable et extrêmement agréable à grimper. La sortie se fait par la gauche, au sommet du pilier, sur une vire confortable. Relais sur un spit et un piton.
L7 – 6a
La renfougne. Une longueur que Germain affectionne particulièrement. Sortie à gauche en haut de la fissure. Relais sur deux pitons, bien dissimulés dans l’herbe et difficiles à repérer.
L8 – 6a
Je repars, contourne le pilier par la gauche, passe sous une cheminée presque tentante… presque. Elle remonte ensuite à gauche dans un mur raide et très gazeux. Longueur sinueuse, attention au tirage. Relais sur pitons, sur une petite vire confortable sous une fissure-dièdre prometteuse.
L9 – 6c
Deuxième duel avec le rocher du midi. Cette fois, germain prend sa revanche. Superbe longueur technique en dulfer, bien pitonnée. La fin se fait sur bacs, avec une protection sur sapin. Relais sur deux pitons très éloignés, complété par un friend.
L10 – 6b
Montée dans la dalle à gauche ou le dièdre à droite, bien protégeable, pour rejoindre le rocher jaune. Suit une traversée avec très peu de pieds avant d’atteindre le relais à droite, sur lunule et trois pitons. Relais peu confortable, ce que je confirmera après y avoir passé un long moment.
L11 – 7b / A0
La montée jusqu’au toit est peu difficile, puis commence le bricolage. L’équipement en pitons est abondant, permettant un artif point à point, en sélectionnant ceux qui inspirent le plus confiance. Après une traversée bien lisse, le libre reprend alors qu’il ne devrait pas.
Germain pose une paire sur un spit et s’engage vers une cordelette aperçue plus haut. Après une tentative de relais douteux et quelques échanges sonores avec moi , il redescend au bon relais, finalement bien plus confortable.
Les connaisseurs comprendront que c’était pour le point de renvoi.
(Dommage pour le chrono, jusque-là tout se déroulait parfaitement.)
L12 – 6c (exigeant)
Je remonte droit dans la dalle pour rejoindre le fil du pilier. La suite louvoie jusqu’à un passage bien dur à droite, au niveau d’un ressaut fissuré. Attention aux énormes blocs sur la traversée : ils semblent tous prêts à rejoindre Saint-Hilaire. Relais sur deux pitons et coinceurs.
L13 – 5b
Le plus dur est désormais derrière. Germain s’engage dans un petit dièdre bien protégeable, puis poursuit sur du terrain facile jusqu’à rejoindre la sortie de la voie de la grotte. Relais sur une vire, dans une faiblesse, avec un piton et des coinceurs.
L14 – 5c+
Pilier technique suivi de gros gradins menant au dernier relais, entièrement réalisé sur coinceurs et un arbre.
L15 – 4+
Remontée dans une faiblesse, grande fissure, puis sortie par la droite sur une vingtaine de mètres de gradins. Dernier relais sur coinceurs dans les blocs sommitaux.
À 16h15, je le rejoint au sommet et je signe la fin de ma liste complémentaire pour le DE escalade milieu naturel
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