La journée commence au camping de Choranche. Réveil matinal et départ à 6h45 pour rejoindre le parking à 7h. Depuis celui-ci, la grande face se dévoile immédiatement : massive, impressionnante, elle annonce clairement la couleur.
Nous entamons la marche d’approche vers 7h10 et atteignons rapidement le gros bloc situé à gauche du sentier, vers 7h25. Il faut ensuite repérer la fameuse pente herbeuse, annoncée à environ 150 mètres. Autant être honnête : l’estimation des distances n’est pas mon fort, et ça m’a semblé nettement plus long que prévu… mais on finit par la trouver.
Arrivés au pied de cette pente, la vue sur la face devient encore plus spectaculaire. On attaque alors sans détour, en mode sanglier, droit dans le raide. Une vague trace existe, mais il faut pas mal d’imagination pour rester dessus. On rejoint finalement la base de la face, puis on traverse complètement à gauche (face à la paroi) sur environ 300 mètres — distance à prendre, une fois de plus, avec des pincettes.
Nous arrivons au départ du 3b, commun avec la voie Délit de fuite. Décision est prise de grimper en solo jusqu’au départ de notre voie, que nous atteignons vers 7h45. Le sac de hissage est prêt, et PA s’élance dans la première vraie longueur, un 6c. Le départ est très dur à froid : il tire au clou sur les premiers mètres, se bat sous le petit toit, puis finit par passer une fois bien chaud.
Je le rejoins et prends la suite avec la deuxième longueur, un 7a+ dans un rocher moyen qui nécessite de compléter l’équipement. Sur Camptocamp, le rocher est annoncé comme fragile ; honnêtement, on a déjà vu bien pire. Je place un camalot vert et un câble n°9. J’essaie de poser un violet… que je bloque en parapluie. Heureusement, PA est là pour le récupérer — un vrai magicien. La fin de la longueur se déroule dans un rocher excellent. Le passage peut se faire en A0, mais on parvient à tout libérer, ce qui donne un vrai et solide 7a+.
PA enchaîne ensuite un 6c/+ : encore très physique au départ, il tire au clou pour s’extraire du bas, complète l’équipement, puis termine sur une superbe dalle compacte. Probablement la plus belle longueur de la voie à mes yeux.
J’arrive au relais en second et observe la longueur suivante : un 7a entièrement équipé. Courte, mais extrêmement bloc au départ — elle mériterait clairement son « + ». Je m’y bats sérieusement pour l’enchaîner. PA y tombera d’ailleurs, preuve que le passage est loin d’être anodin.
Il repart ensuite dans une magnifique longueur en 6b, qu’il protège proprement avec des excentriques. J’arrive juste après au pied du 7b+. J’essaie de l’enchaîner, mais je rends les armes : trop dur. Un gros mouvement en pied à plat sur des prises douteuses pour attraper un bac… qui n’en est pas vraiment un vu d’en bas. La fin est très technique, avec des protections en petits câblés et petits friends.
La suite se fait dans un 6b finalement moins impressionnant qu’annoncé : court, intense, mais esthétique, et avec la possibilité d’ajouter quelques protections.
Nous atteignons ensuite la dernière vraie longueur : un 6c à protéger sur une vingtaine de mètres. Un passage délicat derrière un bloc impose de bien assurer la progression, car une chute est possible au moment de contourner le pilier. Je sécurise le tout avec un camalot n°3 et un câble n°8.
Une courte marche d’arête nous attend ensuite. Nous choisissons de shunter la toute dernière longueur, peu intéressante et moins aérienne, et progressons en corde tendue jusqu’au sommet.
Le retour s’effectue par le Pas de la Voûte : long, mais très agréable, avec une vue splendide pour conclure cette belle journée de grimpe.
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