4h29 pour Les Gillardes - Petite Roche : Sous la griffe de Lucifer 375 m, ED- 6c+>6b+ II P1 E3

Publié le 28 juillet 2026 à 11:51

Context :

Mon pote Germain, qui fait son DE en ce moment, m’a demandé si je voulais bien l’accompagner sur une voie pour sa complémentaire. On a choisi une course pas loin, aux Gillardes, histoire de ne pas trop s’éloigner pendant les vacances. On s’est demandé quelle était la voie la plus classique là-bas, et on est tombés sur « Sous la griffe de Lucifer ». Vu les cotations, j’ai proposé à Germain d’essayer de faire un chrono. Après quelques minutes de discussion, on a décidé d’être efficaces et d’enchaîner toutes les longueurs le plus vite possible, tout en restant en sécurité. Du coup, on a décidé de ne pas faire de tendu dedans, car on trouvait ça trop engagé. On a aussi décidé de mettre un chrono, mais de ne pas le regarder pendant la course, car on pensait que ça pourrait nous pousser à faire des choix non sécurisés. Avec ces règles établies, il ne nous restait plus qu’à mettre en place notre stratégie : leader fixe sur la moitié de la voie, et encordement du second sur le grigri avec un nœud derrière (pour éviter que le leader ne ravale le surplus de corde).

Le jour de la course :

Nous avons quitté Ceüse à 5 heures du matin, arrivant au parking à 6 heures et commençant la voie à 6h30 pour nous assurer d’être les premiers à grimper. Après avoir délover la corde, nous étions prêts à partir. Germain a pris la tête en leader fixe jusqu’à R7, tandis que je l’ai suivi en second, encordé avec un Grigri et un nœud derrière, ce qui laissait environ 30 mètres de corde pendre sous mes pieds. Je dois admettre que cette technique d’encordement était inhabituelle pour les premières longueurs, et il m’a fallu deux longueurs pour me sentir à l’aise. Je tiens à préciser que nous étions conscients de ce que nous faisions et des limites de cette encordement, comme le fait de rendre le mousqueton du Grigri unidirectionnel pour qu’il fonctionne toujours dans le bon axe et le risque accru de coincement de la corde qui pend sous les pieds. En bref, ne reproduisez pas cette technique si vous n’êtes pas expérimenté dans ce domaine (sans être prétentieux).

Germain a enchaîné toutes les longueurs de sa partie en leader, et j’ai fait de même en second. Pour gagner du temps, nous avons doublé les longueurs 6 et 7 et sommes arrivés à R7 2h15 après notre départ (je le sais grâce à l’heure des photos sur mon téléphone, car nous avons respecté notre règle de ne pas regarder le chrono).

Ensuite, c’était à mon tour de passer en leader. La première chose qui m’est venue à l’esprit a été : “Ça fait du bien d’être encordé sur un vrai nœud”. J’ai enchaîné toutes les longueurs assez rapidement, mais j’ai senti que le rythme derrière ralentissait, ce qui était logique. Germain s’attaquait à la partie la plus difficile en second, certes, mais avec un sac à dos et 200 mètres d’escalade en leader fixe dans les jambes.

La deuxième partie de la voie était magnifique. Nous avons grimpé sur un rocher magique, du silex et même du conglomérat , un vrai bonheur.

Toute la cordée est arrivée au sommet de la voie 4h29 après notre départ du sol. Nous étions ravis de ce chrono, mais surtout fier de notre binôme et de ce nouveau style d’escalade que nous avons découvert.

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