Notre histoire
La deuxième voie du séjour, une aventure pas comme les autres. Et pas de n’importe laquelle « baraka », qui signifie chance. Certes, on a de la chance d’être là, mais je ne pense pas que la chance soit le facteur déterminant pour réussir cette voie. Plutôt de la stupidité, dirais-je. Se lancer dans une voie de 680 mètres en plein cœur de l’Atlas marocain, où l’on sait que si quelque chose se passe, on est livré à soi-même, c’est une sacrée dose de stupidité. Pourtant, j’adore cette stupidité. Je suis ravie d’entamer cette voie qui me terrifie autant qu’elle m’excite.
Après une journée de repérage la veille, où nous avons déposé les cordes, nous nous retrouvons en bas de la voie, prêts à souffrir. Nous attaquons à 8 heures, il fait froid, et la première longueur est déjà intense. Je tire au clou dans la dernière dalle avant le relais, consciente qu’il me reste encore 640 mètres à gravir. Vu que je suis en leader fixe, je ne vais pas me cramer maintenant. Finalement, nous avalons la première partie de la voie assez rapidement : 30 minutes par longueur, et aucune d’entre elles ne m'aura fais tombée (sauf la première).
La deuxième partie est un peu plus longue, mais moins difficile. L’équipement est présent, mais pas abondant. Nous devons donc rajouter pas mal de matériel pour être en sécurité, car des 50 mètres d'escalade avec seulement 3 spits deviennent une habitude sur cette dernière partie. Nous arrivons au sommet 8 heures après avoir attaqué.
La descente est laborieuse, la fatigue se fait sentir, et il faut rester concentré car la chute est impardonnable. Mais bon, après 50 min à bartasser, nous trouvons le rappel. Punaise, ce dernier est intense (pleins gaz), mais il termine bien la journée. Ensuite, s’ensuit une longue marche d’une heure et demie à travers le canyon, en reprenant le même chemin que l’aller et en passant sur ce magnifique pont berbère.
Je suis crevée, il ne me reste plus qu’une chose à faire : dormir et boire du thé.
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