Notre histoire
En escalade, on parle souvent des réussites. Du sommet atteint, de la voie enchaînée, du projet qui finit par tomber après des heures, des jours, parfois des mois de travail.
Mais il y a une autre partie de l’escalade dont on parle beaucoup moins : les fois où il faut faire demi-tour.
Ce jour-là, le but était pourtant simple. La voie était belle, l’envie était là, et tout semblait réuni pour passer un bon moment. Mais au fil de la progression, quelque chose ne collait plus. La fatigue, les conditions, l’engagement, les sensations… Peu importe finalement la raison exacte : continuer n’était plus le bon choix.
Alors il a fallu accepter de renoncer.
Faire demi-tour peut sembler frustrant. On peut avoir l’impression d’avoir échoué, de ne pas être allé au bout de ce qu’on avait prévu. Pourtant, en montagne comme en escalade, savoir renoncer est aussi une compétence. Parfois, la meilleure décision n’est pas de continuer à tout prix, mais de savoir s’arrêter avant que la situation ne devienne problématique.
Et surtout, il est important de prendre le temps d’en parler.
Que l’on soit avec un client, un copain ou un partenaire de cordée, discuter après coup permet de comprendre ce qui a réellement motivé cette décision. Est-ce la peur ? La fatigue ? Un manque de confiance ? Les conditions ? Une difficulté mal évaluée ? Ou simplement le sentiment que ce n’était pas le bon jour ?
Il n’y a pas forcément une seule bonne réponse.
En tant qu’encadrant, cette discussion est particulièrement importante. Il ne s’agit pas seulement de décider à la place de la personne, mais aussi de comprendre son ressenti et de lui permettre de mettre des mots sur ce qui s’est passé. C’est souvent là que l’expérience devient réellement formatrice.
Parce qu’une sortie où l’on fait demi-tour n’est pas nécessairement une sortie ratée.
On peut revenir avec moins de mètres grimpés, sans sommet, sans réussite à raconter. Mais avec quelque chose de tout aussi important : une meilleure connaissance de ses limites, de celles de son partenaire et de sa manière de prendre des décisions.
Et parfois, le vrai objectif d’une journée en montagne, ce n’est pas d’aller jusqu’au bout.
C’est de rentrer pour pouvoir recommencer demain.
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